Le Judaisme doit-il evoluer avec le temps?

28 Elul 5777, Veille de Rosh Hashana 5778

Faut-il faire évoluer le Judaïsme ? Pourquoi ne pas en changer les termes et concepts alors que le monde change ?

En tant que Juif, publiquement et fièrement fidèle au Judaïsme, j’ai la chance formidable de pouvoir échanger régulièrement sur ce sujet avec des hommes et des femmes de nombreux pays, et d’origines différentes.

L’autre chance est qu’en tant qu’actionnaire, directement ou indirectement, de centaines de startups, il est impossible de me considérer comme un homme peu moderne, ou ne vivant pas avec son temps.

Ceci étant posé, revenons à nos questions : le Judaïsme doit il évoluer avec le temps ?

Ma réponse est clairement non, mais oui. Non, ce n’est pas le Judaïsme qui doit évoluer, mais oui, c’est le Juif lui-même. C’est au Juif, au cours de sa vie, d’évoluer dans sa compréhension et sa pratique du Judaïsme.

Beaucoup d’entre nous choisissent la facilité : ils naissent peu pratiquants, peu au fait de la magnifique Torah écrite et orale qui nous a été transmise, et cherchent toute leur vie à redéfinir le Judaïsme pour qu’il s’adapte le plus possible à leur mode de vie.

Certains affirment par exemple : « Je ne mange pas Casher, je ne respecte pas Shabbat, je suis marié avec une non juive. Le Judaïsme doit s’adapter pour me permettre de vivre ainsi.

De toutes façons, je reste profondément « sioniste  (sic !) et je lutte contre l’antisémitisme du matin au soir. »

Vous l’aurez compris, ce Judaïsme – que je qualifie de “gélatineux” et qui prend une forme différente en fonction du mode de vie de chacun, est un leurre. Il ne retient, au final, rien ou si peu de ce que nous enseigne le Judaïsme ancestral.

Vous remarquerez d’ailleurs que ces hommes ou « intellectuels juifs » luttant le plus contre l’antisémitisme, l’antisionisme ou qui commémorent la Shoah tous les 3 jours au lieu d’en tirer des enseignements, sont en général les moins pratiquants d’entre nous. Je ne les juge pas, je constate.

Ces Juifs ont fait de cette « lutte contre », une vie en soi. Tout cela, sans se concentrer sur la compréhension de ce qui nous a été transmis. Ces luttes sont les véritables leurres qui les empêchent en tant que Juifs de découvrir leur propre mission.

Car oui, le Judaïsme est une mission, et mieux, une trans-mission.

La transmission, entre autres, d’un enseignement unique directement donné par Dieu au peuple d’Israël puis digéré, affiné et apprécié par l’ensemble des sages des différentes générations, sans jamais remettre en cause le moindre texte biblique ou enseignement des Sages de la Mishna, même s’il n’est pas compris au premier abord.

D’ailleurs, nous avons l’obligation d’être fidèle à ces lois, même si nous ne les comprenons pas encore (Naasé VeNichma – Nous ferons et nous comprendrons – est ce que le peuple Juif a répondu quand la Torah lui a été proposée).

Ayons confiance en Dieu et ses lois, et respectons l’obligation de les étudier « jour et nuit » et de les comprendre en profondeur pendant toute notre vie.

Dieu, Créateur de l’Univers et qui en connaît donc les moindres recoins et fonctionnement nous a donné un enseignement parfait pour nous permettre d’y vivre de la meilleure manière qui soit. Cet enseignement intègre des lois concernant absolument tous les sujets.

Ces lois sont divisées en deux parties:

Les lois Bein Adam LaMakom, ce sont les lois qui permettent d’entretenir le plus chaleureusement possible notre relation avec Dieu (Shabbat, Tefilines, Casherout, Fêtes, service du Temple etc..) et les lois Bein Adam LaHavero (entre l’homme et son prochain) qui permettent une vie parfaite et non égoïste en société, le vivre-ensemble dirait-on aujourd’hui.

Ces dernières traitent entre autres, du monde des affaires dans sa globalité, et incluent des lois régissant les droits des employés et des employeurs, des marchands et des clients, des riches et des pauvres, des relations entre hommes et femmes, des hommes et des animaux (j’ai, par exemple, dans ma bibliothèque un livre qui traite en plus de 600 pages des lois juives contre la souffrance et l’exploitation des animaux).

Humilité et cohérence

Comme évoqué précédemment, pour étudier le Judaïsme, comprendre le message de Dieu, et comprendre pourquoi il ne doit pas être modifié, il faut d’abord apprendre à être modeste. Fini les “Je pense que” ou les “il faudrait que” !

L’ensemble de nos lois représente une cohérence parfaite et chacune d’elles s’imbrique harmonieusement avec les autres. Des milliers de commentateurs, des millions d’étudiants au cours des générations précédentes sont passés et repassés sur chacun de nos textes afin d’en comprendre certains points que beaucoup auraient considérés trop rapidement comme des incohérences.

Quel plaisir d’apprendre et de lire les commentaires de Rashi, des Tossafistes ou des nombreux commentateurs du Talmud qui arrivent, par leur grande sagesse et leur persévérance, en quelques lignes à réduire à néant toute contradiction.

Quelle beauté de comprendre vers où Dieu veut nous mener, vers quelles différentes fabuleuses missions… qui n’ont pas changé depuis le don de la Torah…

Et quelle tristesse pour moi de voir autant de Juifs, enfants, adultes, femmes et hommes, passer à côté de tout cela.

Etudier. Etudier encore. Etudier toujours !

Alors que durant ma jeunesse, en tant que geek, j’appréciais la nouveauté, les évolutions de la vie, j’ai pu, au fil du temps découvrir à quel point la véritable beauté du monde ne se trouve pas dans l’actualité, le dernier iPhone, ou la dernière invention, mais véritablement dans les enseignements de la Torah.

Quand vous commencez à étudier, vous pensez qu’en quelques années vous ferez le tour de tous les sujets, et que vous les maîtriserez. Mais plus vous avancez, plus vous découvrez à quel point ces univers sont infinis.

Des dizaines de milliers de livres ont été publiés sur ces sujets, tous reposant sur la même Torah écrite et orale. Si vous visitez HebrewBooks.org, vous verrez le nombre de livres disponibles qui ne sont qu’une partie de ceux existants (52000 à l’heure où je vous écris).
J’ai, installé sur mon ordinateur, plusieurs bases de données avec plus de 85000 livres scannés uniquement dédiés au Judaïsme et tous ses aspects (Otzar Hahochma, Responsa, ToratEmet (gratuit sous Windows) et elles existent aussi toutes en versions online).

Comme je l’ai expliqué, tous les « aspects » du Judaïsme dont je parle décrivent en fait, tous les aspects de la vie, absolument tous.

Après avoir étudié les lois de n’importe quel sujet, on ne se pose plus aucune question sur le fait de savoir s’il faut ou non en adapter les lois. Bien au contraire, plus nous entrons dans les détails, plus nous découvrons la cohérence de l’ensemble.

Pas de Judaïsme transformé !

Il y a quelques dizaines d’années, le Judaïsme réformé a voulu transformer ces lois et ne plus les appliquer dans leur totalité.

Cette vision d’un Judaïsme gélatineux, dont je parlais plus haut, qui se fond dans le monde; ses adeptes et enseignants qui essayent de faire dire à la Torah ce qu’ils savent ou pensent déjà d’eux même ne transmet quasiment rien du message de Dieu, ou le transforme trop pour lui rester fidèle.

Cela reste joli et bien enrobé – tout comme peut l’être le christianisme qui est aussi un judaïsme réformé, mais qui a eu le courage de changer son nom tant il s’en est éloigné. Mais il est si loin des textes, si loin de notre transmission multimillénaire, si loin de la fidélité à une transmission solide et organisée.

Alors doit-on changer quelque chose au Judaïsme ?

Nous y avons déjà partiellement répondu. Non, mais oui !

Oui, c’est notre propre vision de ce Judaïsme que nous devons changer. Tout d’abord en commençant à étudier les textes avec des maîtres sincères et authentiques, qui n’ont jamais renoncé à la moindre loi, et parallèlement en étudiant seul et en lisant la très nombreuse littérature à disposition (consultez Torah-Box, Artscroll, ou Feldheim par exemple pour vous procurer ces livres).

Cette littérature est là pour nous faire évoluer, comprendre la Torah et notre rôle sur cette terre, nous améliorer, et améliorer notre vie de tous les jours.

Après avoir étudié le moindre texte, nous devons ressortir et nous sentir différent. Prendre en compte les nouveaux éléments que nous avons étudiés et les appliquer à notre vie.

Nous devons, lors de tous nos temps libres [1], y penser, les digérer, les macérer.

Synchronisé au présent

Pour finir, pour comprendre et apprécier comment le Judaïsme reste en permanence synchronisé avec le temps présent, il faut en mesurer toute l’amplitude.

Lorsqu’une nouvelle invention voit le jour, les Sages vont immédiatement la comparer à des cas similaires présents dans le Talmud. Je vous laisse apprécier par exemple l’analyse de Amazon Alexa et sa potentielle utilisation pendant Shabbat (il en ressort que c’est interdit) ou l’analyse du nouveau modèle de travail qu’est Uber pour découvrir les lois régissant l’entreprise et ses chauffeurs.

Il existe par exemple un livre en hébreu (BeDerech Atarim) qui traite de toutes les lois de l’Internet (lois du copyright, de la participation à des cérémonies à distance via Skype, lois du Shabbat et du ecommerce etc..) ou de très nombreux livres sur les lois liées au monde du Business (voir ici une liste d’une partie d’entre eux en anglais, français et hébreu).

Beaucoup d’encre a coulé sur le statut de l’électricité le Shabbat (pour tous, son maniement est interdit, mais les raisons de l’interdiction peuvent différer d’un décisionnaire à un autre) etc…

En cette nouvelle année 5778, et si nous prenions tous la résolution de découvrir la beauté de ce Judaïsme ancestral si moderne, si fabuleux, si positif, et de décider d’en appliquer toutes ces lois sans baisser les bras, peu à peu, étape par étape, marche après marche, jour après jour pour réussir à le vivre pleinement, et sans aucune altération ?

Puisse Dieu vous donner la force pour persévérer et y parvenir !
Je vous souhaite à toutes et à tous une très belle année 5778.

Chana Tova Umetukah!

Si vous cherchez à étudier régulièrement, je vous conseille l’excellent service Makom Torah lancé par Torah-Box qui permettra de trouver les cours les plus proches de chez vous. Si cela ne vous suffit pas, n’hésitez pas à me contacter sur Torah at Berrebi.org

[1] Il faut noter que l’apparition des smartphones a réduit drastiquement les moments de temps libres pendant lesquels nous pouvons avoir du temps pour faire ce travail intellectuel de tous les jours. C’est l’une des principales raisons pour lesquelles j’ai abandonné toute utilisation de smartphone depuis plus d’un an.

 

Websites & Books about Business & Judaism I recommend

I’m reading and learning plenty of books (including the Talmud) concerning the Business Jewish Laws. Many people think that Judaism only includes laws about Shabbat, Chanukah, Yom Kippur, Tefillin and other religious stuff but they just don’t know that there are hundreds of laws on how to manage your business and relationship with other people.
I’ll write more about that subjects in the future but please find below awesome sources of information and books in english and french I recommend:
This list will be updated regularly (last update on February 21st, 2017). Feel free to recommend other ressources in the comments

Websites
Business Halacha at Tora.org (here and here)
Workplace Halacha (from the Author of the awesome book Making it Work – see below)

Books:
In English: (french books below)
About Tzedaka/Charity & Maasser
In French/En Français:

Le Shabbat, les 25 heures indispensables à vivre chaque semaine

Pendant des milliers d’années, depuis le don de la Torah au Mont Sinaï, le Shabbat a représenté le plus important repère ponctuant la vie juive.

Alors que tous les autres peuples du monde travaillaient sans interruption 7 jours sur 7, les Juifs, eux, marquaient un temps pour se remémorer la création du monde et la sortie d’Egypte, et se consacrer exclusivement à leur vie spirituelle pour étudier la Torah, chanter, manger, et boire avec leurs familles.

C’est toujours le cas dans de très nombreuses familles improprement appelées “religieuses”, dont je fais partie, et qui savent encore profiter de ce moment exceptionnel.

Le Shabbat est un cadeau offert par D.ieu au peuple Juif, à tout le peuple juif – à tel point que selon la loi Juive, il est interdit pour un non-juif de respecter Shabbat à 100%. Les non-juifs en cours de conversion au Judaïsme apprennent que pour chaque Shabbat ils doivent effectuer une action symbolique afin de l’enfreindre, et suivre ainsi cette règle de ne pas respecter Shabbat totalement tant que leur conversion n’est pas terminée.

Au cours des siècles derniers, et avec la banalisation de l’assimilation du peuple Juif aux Nations du monde, il est devenu de plus en plus courant de voir des Juifs ignorer le Shabbat, souvent afin de se différencier le moins possible du monde non-juif.

Certains avaient des raisons “explicables”, comme de ne trouver absolument aucun emploi permettant de respecter le Shabbat ; ou de devoir l’enfreindre en temps de guerre.

En effet, aux Etats-Unis, par exemple, l’immigration massive de Juifs à la fin du 19eme siècle dans un pays qui ne comptait quasiment pas de centres d’études orthodoxes, ni de synagogues, ni d’entrepreneurs juifs religieux déjà présents pour recruter des juifs pratiquants, et des entreprises travaillant quasiment toutes le samedi a eu des effets catastrophiques.

Beaucoup de Juifs ont abandonné le Shabbat pour avoir un job, ou certains, qui continuaient à le respecter, ne le faisaient qu’avec tristesse…

Leurs enfants ont vite abandonné Shabbat, ou ont rejoint, ou créé, des mouvements réformés qui ont peu à peu vidé Shabbat (et, au passage, l’ensemble du Judaïsme) de son sens originel, considérant ce jour exquis comme faisant partie de “lois non adaptées aux vues et aux mœurs du monde moderne”.

Ces cas restent complètement inacceptables selon la Halacha/Loi Juive car il n’est permis d’enfreindre Shabbat qu’en cas de vie ou de mort – mais inutile de s’attarder sur cette époque que nous ne pouvons changer. Et évidemment, beaucoup ont continué à respecter Shabbat coûte que coûte.

Toutefois, désormais, notre ère, est totalement différente.

La très grande majorité des entreprises, où qu’elles se trouvent dans le monde, ne travaillent pas pendant Shabbat, les congés légaux pour un salarié lui permettent de prendre l’ensemble des fêtes juives, y compris les jours de Hol Hamoed – jours compris entre les premiers et derniers jours de Pessah et Soukkot où il est interdit de travailler, sauf en cas de force majeure pouvant entraîner une perte réelle, et non un manque à gagner. Il est aussi facile de négocier un départ du bureau plus tôt les vendredis d’hiver pour arriver à la maison à temps avant l’entrée de Shabbat.

Je ne dis pas que c’est toujours facile, mais il est possible dans la grande majorité des entreprises du monde de respecter Shabbat sans aucun réel obstacle, et si ce n’est pas le cas, il est du devoir de tout Juif de tout mettre en œuvre pour, soit aménager son emploi du temps, et ne pas avoir à travailler ces jours-là, soit changer d’entreprise.

Pour les étudiants d’universités convoqués à des examens pendant Shabbat ou les jours de fêtes, il est aussi possible de trouver des alternatives.

Ce sont des éventualités qui se traitent au cas par cas avec certains plus difficiles que d’autres mais les acteurs avec qui j’échange en permanence ressortent avec une fierté immense et tellement légitime quand ils ont réussi à surmonter l’épreuve de respecter Shabbat parfaitement sans faire d’exceptions.

Trop de juifs de notre époque se trouvent des excuses pour négliger Shabbat, ou se contentent d’un bon repas le vendredi soir avant de reprendre une vie “normale”, et de retourner à leur smartphone, leurs affaires, leur voiture, leurs courses …en pensant que le Shabbat est optionnel dans la vie juive, ou qu’à notre époque, ce serait un trop grand sacrifice de le respecter.

D’autres vont à la synagogue en voiture puis vont à la plage, vont voir un film, sortent boire un verre, en profitent pour passer des coups de fil à leur famille…

Comme s’ils voulaient affirmer à Dieu : “Merci pour Shabbat, mais ce n’est pas à toi ni à la loi juive de décider comment je dois le vivre”.

Alors qu’ils ne rencontrent absolument aucun obstacle, ceux-ci continuent à suivre les mauvaises habitudes de leurs parents, grands-parents, amis (qui ont évidemment une influence gigantesque dans la vie d’un homme) … et à se détourner de ce jour merveilleux qui ne peut être vécu réellement qu’en appliquant parfaitement ses règles dans leur intégralité et sans aucun compromis. Seuls ceux qui le vivent pleinement comprennent à quel point ils n’abandonneraient Shabbat pour rien au monde et à quel point « aller à la plage » ou « passer un coup de fil » ce jour-là est incompatible avec l’esprit de Shabbat.

D’autres ont l’habitude de dire « Mais j’ai une boutique ou un resto et le samedi est le meilleur jour de la semaine ! »

Combien d’histoires merveilleuses sont arrivées aux entrepreneurs autour de moi ayant décidé d’arrêter de travailler à Shabbat, à l’encontre de toute logique. On les prenait pour des fous mais au final, leurs affaires ont fructifié.

Beaucoup d’entre vous ont sans doute entendu parler de la chaîne Cafe Cafe qui fait un tabac en Israël depuis que son dirigeant a décidé de devenir Casher et de respecter Shabbat. Mais cette analyse est purement économique.

Vous pourriez répondre « je connais des gens qui ne respectent pas Shabbat et qui sont très riches » ou « je connais des gens qui respectent Shabbat et qui sont pauvres ».

De quelle fortune parle-t-on ? A quoi bon être riche si vous vous forcez à travailler le jour où votre famille est réunie et attend de passer un moment calme en votre compagnie ? A quoi bon être riche si vous n’avez pas la possibilité de vous arrêter de travailler le jour de votre choix et non pas celui imposé par votre chiffre d’affaires ? A quoi bon être riche en rejetant l’un des plus importants piliers du Judaïsme qu’est le Shabbat ?

Pour beaucoup, l’argument est faux et simplement le fruit d’une grande paresse pour éviter de trouver une alternative qui est, pourtant, à portée de main.

Ces “ riches” envieraient probablement les “pauvres” respectant le Shabbat s’ils voyaient leur table de Shabbat lumineuse et le sourire de leurs enfants chantant avec leurs parents…

Il faut être clair : il n’y a aujourd’hui, a priori absolument aucune raison de ne pas respecter Shabbat et même s’il subsiste dans certains cas des difficultés temporaires, les alternatives sont toujours possibles, et il est toujours obligatoire de les emprunter.

D’autres me disent souvent : « Moi, je respecte déjà les 10 commandements, ce n’est déjà pas si mal ! Je ne tue pas, je ne vole pas, je ne jalouse pas etc.., ». Je leur réponds qu’hormis le fait qu’un Juif est soumis à 613 commandements et non pas 10, ceux-ci oublient que le Shabbat fait bien partie des 10 commandements, le 4eme, et est indissociable des autres commandements. Le respect du Shabbat a même été donné avant l’interdiction de voler, celle de tuer etc.

Plus que jamais, aujourd’hui, Shabbat est porteur de sens et indispensable à notre génération

Je vais même aller plus loin pour répondre aux sceptiques qui pensent que Shabbat serait une invention non adaptée à notre génération : je pense réellement que Shabbat aurait pu être créé uniquement pour servir notre époque.

A l’ère où nous passons nos vies en permanence connectés, à être bombardés d’informations du matin au soir, à produire, agir, créer, à ne plus prendre de recul sur nos vies, ce sas de décompression qu’est le Shabbat est tout bonnement indispensable.

C’est le moment où nous nous retrouvons face à nous-mêmes, avec nos proches, parfois avec nos amis… le moment privilégié pendant lequel nous n’agissons pas sur le monde.

J’ai écrit des articles et donné des conférences au cours de ces derniers mois sur les bienfaits de la déconnexion, et les cas de burn-out. Le cas de personnes à travers le monde devant faire des Digital Detox pour ne pas finir en hôpital psychiatrique sont de plus en plus nombreux.

Shabbat est clairement la meilleure solution pour contribuer à résoudre les problèmes de notre société actuelle.

Beaucoup pensent qu’il est juste interdit de “travailler” à Shabbat (Laavod en hébreu), ce n’est pas exact…

A Shabbat, il est interdit d’effectuer des Melahotes (que l’on peut traduire par “actions” ou “travaux”). Ces Melahotes, au nombre de 39, sont toutes les actions qui nous font agir sur ce monde : cuire, trier, tisser, pétrir, labourer, transporter dans le domaine public, etc…

Shabbat est là pour nous permettre de réellement profiter de nos actes de la semaine, profiter des actes de notre vie en n’ayant plus la prétention de contrôler toute notre destinée, en nous arrêtant d’agir sur ce monde.

En effet, seul Dieu dirige nos vies. Et s’il est important de travailler pendant la semaine, il faut être conscient que les résultats de nos travaux sont déjà fixés à l’avance depuis Rosh Hashana et même, pour la plupart, avant notre naissance.

Seule la crainte du Ciel reste entre nos mains et cette crainte implique un respect plein et entier du Shabbat, source de toutes les bénédictions.

Shabbat n’est pas une série d’interdictions contraignantes comme certains peuvent injustement le ressentir, Shabbat est la consécration de notre travail de la semaine.

En ne faisant pas d’actions et en ne parlant pas affaires ce jour-là – ce qui est aussi un commandement du Shabbat, Shabbat est le dernier coup de marteau qui permet réellement de transformer notre semaine de labeur, de courses contre la montre, en source de satisfaction.

Shabbat est, de fait, le seul jour qui métamorphose le statut d’esclave de notre vie en celui d’Être réellement libre.

Shabbat ne commence d’ailleurs pas le vendredi soir. Il est possible de vivre et ressentir la sainteté de Shabbat pendant toute la semaine. Si à chaque fois que vous achetez de bons aliments, la plus belle vaisselle, de beaux vêtements, vous les consacrez à Shabbat …
Il est bon de dire avec sa bouche que ce sera le cas « Lihvod Shabbat Kodesh », vous passerez votre semaine à penser et à attendre Shabbat, jour pendant lequel vous profiterez pleinement et sereinement de tous ces bienfaits.

Vous penserez durant votre travail, pendant la semaine, à ce jour plein à venir vous permettant de profiter de tout ce que vous avez construit.

Puisse Hashem aider le peuple Juif à retrouver la beauté d’un Shabbat parfait…

Il est temps aujourd’hui de profiter de notre fabuleuse époque – que les juifs des précédents millénaires nous envieraient, pour vite nous remettre tous ensemble à le vivre pleinement en respectant à la lettre l’ensemble de ses commandements.

Je suis à la disposition de tout juif pour le conseiller, quel que soit son niveau de connaissance du Judaïsme, s’il éprouve des difficultés à respecter Shabbat, ou n’ayant jamais pensé à un jour le respecter afin de l’aider à trouver les conseils, solutions et encouragements nécessaires.

Vous pouvez me joindre à cette adresse : Shabbat at Berrebi.org (utilisez cette adresse uniquement pour traiter de ce sujet – remplacer at par @). Je suis aussi à votre disposition pour répondre à toutes vos questions concernant le Judaisme via l’adresse Judaisme at Berrebi.org

Shabbat Shalom à tous !

PS:

Lorsque je parle de Shabbat, j’inclus aussi le respect des jours de Yom Tov (jours de fêtes juives dont les règles sont quasi identiques, à quelques rares exceptions près.)

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Conférence à Tel Aviv Mardi 20 décembre à 19h

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Conférence Torah & High Tech (Vidéo dispo)

J’avais posté il y a quelques mois l’annonce d’une conférence que j’ai donné au Google Campus de Tel Aviv avec le Rav Elie Lemmel. Je traite de ma vie perso qui lie l’étude de la Torah et du Talmud et ma vie d’entrepreneur, investisseur dans la High Tech entre autres :). J’y parle de notre surdépendance aux technologies.

Notez que cette conférence est destinée à tout public Juif ou non.

La conférence a été enregistrée et est visible ici sur Youtube